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Histoire

Les Berbères représentent les plus anciens habitants de la région du Maroc, qu’ils ont occupée sans y créer d’unité ni d’état, mais en conservant leur organisation en tribus indépendantes. - Toutefois, très tôt dans l’Antiquité, de nombreux peuples ont pris pied dans cette région en raison de sa position commerciale avec l’intérieur du continent africain. C’est dans le cadre romain que le christianisme se répand au Maroc, de façon assez superficielle d’ailleurs puisqu’il ne touche que les villes. Au Vème s., les Byzantins reprennent à leur compte les positions romaines à la chute de l’Empire. - Survient alors l’événement qui va profondément bouleverser le cours de l’histoire marocaine : l’apparition de l’Islam en 622 après J.C.. Dès la fin du VIIème s. ap. J.C., les soldats arabes propagateurs de la nouvelle foi envahissent la région du Maroc, y convertissent les Berbères et font du lieu une base pour la conquête de l’Espagne toute proche et de l’Europe. Le Maroc n’existe toujours pas comme état : il n’est alors qu’une partie de l’immense empire musulman dont le centre est situé au Proche Orient (à Damas puis à Bagdad). - Durant la période qui correspond à notre Moyen-Age, plusieurs dynasties de souverains berbères musulmans se succèdent dans la région marocaine (en particulier les Almoravides, les Almohades et les Mérinides), mais aucune d’elles ne parvient à unifier le pays politiquement. Cette période correspond toutefois à l’apogée d’une civilisation extrêmement raffinée, dont les joyaux que constituent Fès et Marrakech témoignent encore. - C’est des mains des Arabes que naît véritablement le Maroc : en effet dès le XVIème siècle, deux dynasties arabes se succèdent au pouvoir : les Saadites puis surtout les Alaouites depuis 1650 jusquà aujourd’hui. Cette dernière dynastie parvient en effet à fonder l’Etat marocain en imposant son pouvoir sur les différentes régions et en contrôlant les frontières. En tant que descendants directs du Prophète, les souverains Alaouites successifs prennent le prestigieux titre de "commandeur des croyants", qui renforce leur autorité. - En 1912, le Maroc est tout simplement partagé entre l’Espagne et la France, qui obtient la plus grande partie de son territoire. Pendant 45 ans (1912-1956), la colonie marocaine connaît une incontestable modernisation, mais également une domination politique, raciale et culturelle, ainsi qu’une exploitation économique très poussée. - En 1956, l’indépendance est obtenue de façon concertée par le souverain Mohamed V, père du Maroc moderne, auquel succède rapidement son fils Hassan II (1961-1999). C’est ce dernier qui, de façon autoritaire, façonne le Maroc actuel : une monarchie constitutionnelle qui accorde des pouvoirs très étendus au souverain. A sa mort en 1999, son fils Mohamed VI lui succède.

Situation actuelle

Quelles sont les difficultés du Maroc aujourdhui ?

Au niveau politique, la question des droits de l’homme et de la démocratie a été souvent soulevée, en particulier au sujet des méthodes autoritaires sous le règne d’Hassan II. D’autre part, la situation du Sahara occidental reste un problème récurrent, l’ancienne colonie espagnoles fût envahie pacifiquement ( la marche verte ) par la population marocaine à l’initiative d’Hassan II, mais les sahraoui refusent obstinément la tutelle marocaine et réclament leur indépendance. La question du recencement , du référendum revient de façon cyclique et malgré l’implication de l’ONU les négociations perdurent. le sujet est d’autant plus épineux que leur armée de libération (le front Polisario)trouve des financements extérieures et que les rivalités maghrébines ( entre le Maroc et l’Algérie) demeurant très vives. Le nouveau souverain marocain, le roi Mohammed VI hérite donc d’un problème très sensible à résoudre, (le réferendum sur l’indépendance). Au niveau économique, le Maroc est un pays en voie de développement dans une situation précaire. Malgré quelques secteurs prospères (l’agriculture céréalière et celle des agrumes, l’industrie liée aux engrais phosphatés, et bien sûr le tourisme en plein essor), l’ensemble de la production, dominée par l’artisanat (objets, décoration) et l’agriculture vivrière, reste archaïque. Le PNB par habitant est faible (richesse produite = 1260 $ par an), mais ne le met toutefois pas au rang des pays les plus pauvres de la planète (comme le Soudan ou le Mozambique) : aujourd’hui le Maroc est un pays pauvre à développement économique lent et fragile considérablement touché par des délocalisations de productions vers l’asie et par la hausse du cout de l’énergie. Au niveau social, les conséquences du retard économique sont évidemment lourdes : L’Etat marocain, très endetté, ne peut assurer à la population des conditions de soins médicaux et de scolarité suffisantes : 50 % des Marocains sont analphabètes, 30 % vivent en dessous du seuil de pauvreté. Si l’on considère l’Indice de Développement Humain (IDH), un calcul qui prend en compte la richesse d’un pays ainsi que ses conditions de vie, le Maroc occupe le 119ème rang mondial. Mais il y a toutefois desraisons d’espérer ! Le Maroc possède en effet des atouts prometteurs.

* 50 % de la population marocaine est âgée de moins de 20 ans aujourdhui : ce dynamisme exceptionnel, s’il laisse augurer de grands problèmes, notamment au niveau scolaire, demeure un formidable potentiel de croissance et de changement. Un pays jeune est un pays qui a de l’avenir ! * D’autre part, l’arrivée d’un nouveau souverain lui-même jeune (Mohamed VI, 36 ans) représente une réelle opportunité de modernisation et d’ouverture. Riche de son passé, riche aussi de son avenir ; mais endetté et pauvre aujourdhui : tel est le Maroc. Plusieurs visages qui témoignent d’une situation complexe et contrastée, loin du misérabilisme, mais loin de l’optimisme aussi.